Colette a dit "crève Harry"

La mort sans conséquence,

Posted in Colette says by colettesays on 12 octobre 2009

J’ai mis un week-end et plus à essayer de trouver les mots. Je me sens usurpée de n’avoir rien à en dire. Presque déçue que la sensation ait été trop forte pour ne pas pouvoir l’exprimer. Les mots sont parfois des barrières à l’expression des sentiments. Ils en viennent à mentir comme on les ment.

Je me souviens quand même que pendant que l’on m’harnachait soigneusement, je me répétais les mouvements à effectuer comme on essaie de se souvenir des pas d’une danse. À l’intérieur, étrangement, je suis calme. Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend et j’ai l’imagination à sec.

Embarquement – décollage. 1000, 1500, 2000, 2500, 3000 mètres – le pilote annonce « une minute ».

J’enfile mes lunettes, j’ai appris la chorégraphie – je suis prête. Et pourtant dans ma tête s’articule le conseil que ce générateur débile sur facebook m’avait donné deux semaines plus tôt… « Si tu ne réussis pas les choses du premier coup, alors le saut en parachute n’est pas pour toi ». La blague. On pense à des trucs cons suspendus à 3000 mètres d’altitude. La porte de l’avion s’ouvre. La puissance d’aspiration qui m’entraîne est terrible. La gravité a raison de moi, je suis un caillou qui fend l’air.

Je me sens suicidaire et heureuse de l’être. « Tu vas voir, on a l’impression de voler » – pas vraiment. C’est la chute que tu ressens, l’envol je le cherche encore. Quoiqu’il en soit, c’était la première fois que je trouvais un casse-gueule sympathique.

Les yeux grands ouverts, je chute et tout est beau. À perte de vue : le ciel, la terre, les nuages, la vie – je n’ai peur de rien et rien n’a d’importance.

Quand soudain, tout s’arrête. Le filet est atteint. 45 secondes plus tard, je me sens sauvée mais pas en vie.

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