Colette a dit "crève Harry"

Vol de nuit,

Posted in Colette says by colettesays on 30 novembre 2009

« Tu vois, elle se pose des questions auxquelles elle trouvera jamais de réponses… »

Je l’écoute parler. Autour de nous, des rires, des discussions entrelacées qui brouillent parfois l’attention que j’essaie de lui porter. Je ne veux surtout pas qu’il s’interrompe. Il m’empêche de penser et ne sait pas à quel point c’est reposant – là, maintenant. Alors comme si tout cela avait de l’importance, j’entretiens avec application la conversation depuis plus d’une heure. Sa voix me berce, elle est grave et sa diction est élégante. Il est tard et je me dis qu’il est temps. Temps de partir comme une voleuse. Je prétexte une envie de pisser en guise d’au revoir.

En remontant l’avenue à la recherche d’un taxi, je me dis que Paris est jolie. J’ai froid, je titube, j’ai mal aux pieds. Je me sens ivre de trop de confessions en repensant à l’histoire de ce mec que je ne pensais pas avoir suivi. Quand soudain, quelqu’un me tapote l’épaule : le taxi que j’attendais. Je monte – il démarre.

La tête appuyée contre la fenêtre, je regarde les noctambules faire le tapin, le visage dépité, en suivant des yeux le taxi que j’occupe leur passer sous le nez.

À la radio, un morceau de blues familier… Je crois reconnaître « Started out with nothing ». Et dans ma tête, l’idée qu’il n’y a que la perte qui justifie l’attachement. C’est peut-être complètement tordu comme raisonnement, mais j’ai fait de l’envers mon endroit préféré. Je lève les yeux vers ce ciel sans étoile et il semble évident que plus on essaie d’être à la hauteur et moins on l’est. J’aurais aimé être quelqu’un de bien.

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